Je ne regarde pas souvent la télévision (je dois dire que je planifie tout de même de regarder quelques matches de la coupe du monde de football…), mais hier il se trouve que j’étais proche du poste pendant un spot publicitaire.

Il est superflu de décrire les détails du produit dont il était question – sachez simplement qu’il s’agissait d’un nouveau médicament X, découvert par un laboratoire Y, bien-entendu soutenu par des résultats probants lors de son expérimentation « scientifique ».

Le message du spot allait ainsi: « N’attendez pas d’attraper un rhume! Prenez X dès maintenant et cela vous évitera les rhumes. X tue 99% des microbes et des virus. »

Ce message est si fort que je ne pouvais y rester indifférent. Il contient deux idées principales: le fait qu’un médicament puisse être préventif et le bénéfice de tuer les microbes et les virus.

De la prévention par prise de médicament? Pourquoi vouloir prévenir une maladie alors que nous nous sentons bien? N’est-ce pas pour vaincre des vieilles peurs bien ancrées, comme:

- Le manque de confiance en notre santé, que l’on a connue vacillante par le passé?

- La contamination « par le biais des autres » (contagion), parce que la proximité des autres peut nous « infecter »?

- La phobie du contact avec les microbes et les virus en général?

Ces peurs n’ont pas de fondement mais nous y sommes malheureusement attachés dur comme fer, du fait de notre éducation, car depuis notre plus jeune âge la propreté nous fut enseignée de manière exagérée et l’apprentissage des facteurs de la Vraie Santé à peine abordés.

Le manque de confiance en sa santé, et en soi de manière générale, se résume souvent à des expériences négatives passées qui nous ont marqués voire traumatisés. C’est pour cela qu’il est si important de féliciter nos enfants lors de leurs succès plutôt que de les critiquer lors de leurs échecs. Côté santé, nos possibles « faiblesses » sur un plan ou sur un autre sont pour la plupart dues à des erreurs que nous commettons depuis belle lurette dans nos styles de vie. Un peu de réflexion et de la volonté suffisante pour changer ces erreurs sont les seuls ingrédients nécessaires au rétablissement de notre capital confiance. Un exemple: vous ne dormez pas assez? Cela affecte votre système immunitaire: normal que vous « attrapiez » le premier rhume! En fait, c’est vous-même qui vous l’êtes donné. Dans une telle situation, mieux vaut se coucher et dormir, rattrapant le temps perdu, plutôt que de prendre la pilule préventive X ou le médicament Z.

Pour ce qui est de la contagion, rappelons-nous que c’est le milieu intérieur de notre corps, qui, lorsqu’il est affaibli, devient propice à la prolifération des microbes et autres virus. J’insiste sur le mot « prolifération », qui indique une multiplication anormale, plutôt qu’une présence: la présence est tout à fait normale et souhaitable, la prolifération ne l’est pas. Que dire alors des épidémies? Simplement qu’elles affectent les gens qui commettent les mêmes erreurs, en masse. On n’attrape jamais une maladie – on la rend possible. Aucune épidémie n’affecte 100% d’une population. Louis Pasteur, sur son lit de mort, affirma « le terrain est tout, le microbe n’est rien » confirmant la primordialité du milieu pour comprendre la santé, redonnant le crédit volé mais tant mérité aux recherches de son controversé confrère Antoine Béchamp. Si les phénomènes de contagion étaient si forts, Mère Térésa ne serait-elle pas morte de la lèpre?

Quant au sujet des microbes, si ils n’existaient pas, nous n’existerions pas non plus. Une vérité dure à digérer? Savez-vous que les bactéries présentes dans vos systèmes digestifs se comptent par kilos et qu’elles sont une condition nécessaire à la bonne absorption des nutriments? A quoi bon tenter de se donner du tonus digestif à l’aide de probiotiques et autres bifidus d’un coté si de l’autre nous exterminons toutes ces bactéries en prenant X ou des antibiotiques? Sommes-nous « pros » ou « antis »? Il y a une certaine contradiction dans la manière de présenter la santé dans nos sociétés dominées par le profit. Le savon, ça passe, les gels antiseptiques, ça casse!

En conclusion, gardons les yeux de nos esprits grand ouverts lors des bombardements publicitaires destructeurs de bon sens… Car l’Hygiénisme, et la Vraie Santé, ce ne sont que ça: du bon sens!

2 Réponses à “Merdicaments Préventifs”

  1. Ronan Dit:

    Merdicament au lieu de médicament : un labsus ?

    Ca me rappel une citation qui disait que la médecine moderne soigne tout mais ne guérit rien… sur bon nombre de maladies chroniques c’est bien vrai !

  2. michel Dit:

    Et toi Ronan, es-tu lab-orantin ou fais-tu aussi un lapsus? :) Non, de mon côté c’était bien voulu!

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